HO-CHI-MINH VILLE, LE TOURBILLON DES DEUX-ROUES

Vu du ciel, le pays du dragon semble bien tranquille, avec ce fleuve Mékong qui pénètre en labyrinthe dans ces rizières posées en radeau. 5 h 35 du matin, après une nuit de 10 000 km en avion vers l’est, notre arrivée est annoncée par une très élégante hôtesse portant la tenue traditionnelle en soie vive, Vao dai.
HCMV, une nouvelle marque dernier cri dans notre quête de modernisme ? Rebaptisée en 1976 par le gouvernement communiste, Ho-Chi-Minh-Ville survit discrètement dans le cœur de ses 8 millions d’habitants comme l’exubérante Saigon, capitale en 1862 de la colonie de Gochinchine, capitale en 1954 de la République du Sud-Vietnam, la plus grande ville et premier port fluvial du pays.
À la descente de l’avion, la moiteur envelop-Pante de la légendaire perle de l’Extrême-Orient nous étreint dès les premiers pas.
Appareils photos et carnets de route sont vite sortis, déjà nous sommes happés par le tourbillon asiatique.
Une profusion de vélos, de motocyclettes, de cyclo-pousse xich lo — sorte de taxi à pédale — et de voitures, souvent japonaises, transforme la traversée des rues effervescentes en véritable aventure. Notre guide, Thanh Jo, nous apprend à sillonner entre ces millions de motos bruyantes où se cramponnent, souriants, jusqu’à cinq personnes. Les conducteurs décontractés, en nous effleurant de leur main au passage, nous encouragent à explorer leur ville sans inquiétude exagérée.
Tourbillon fascinant de mobylettes pétaradantes qui transportent aussi bien des porcs ou des poulets vivants qu’un arbuste, une épicerie variée de récipients chinois très colorés, des bouteilles de gaz adroitement empilées, des grappes de marchandises inattendues, Quelle ingéniosité !
Bouillonnante, agitée, affairée, la foule instal-lée sur les trottoirs fait la dînette avec tables et chaises en plastique vivement coloré.
Foule également présente devant les boutiques chics ou dans les quartiers « high-tech » car Ho-Chi-Minh-Ville cultive les facettes moder-nisme, luxe et marchés populaires sans rete-nue. La ville attire des populations espérant s’enrichir grâce à la croissance économique ex-plosive. Cette foule jeune — environ 80 % ayant moins de 40 ans — n’a pas vécu les trente-cinq années de guerre incessante avant 1975 et apprécie les récentes mesures de libéralisation économique, les Doi Moi (réformes économiques). Elle tente d’ignorer la propagande communiste (inffluence ressentie surtout dans les musées, sur les bâtiments officiels ou les affiches).

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Le Vietnam moderne est dans une course effrénée vers le futur, les motos, les téléphones mobiles, les minijupes, internet : la soif de consommer de la jeune génération côtoie le culte des ancêtres, les convictions politiques, les prières en pagodes. Pourtant, au moins un tiers des habitants vivent à HCMV sans le ho khau — sorte de certificat de résidence — et sans les papiers nécessaires ils ne pourront acheter une maison ou posséder une affaire.
Notre guide nous fait remarquer les conducteurs âgés de cyclo-pousse dans leurs vêtements usés, leurs sandales tachées de goudron, excellents connaisseurs de la ville et instruits. C’étaient principalement des médecins, des enseignants ou des journalistes qui, pour avoir choisi le camp ennemi pendant le conflit, ont été envoyés en camp de rééducation et ne peuvent retrouver leur métier. Aux abords du marché Bên Thành ou près de la cathédrale Notre-Dame, ils sont nombreux à trouver une brèche dans la circulation chaotique. Ils nous conduisent vers les édifices élégants du centre (le district de Saigon) le théâtre, l’hôtel de ville, la poste centrale ou le Palais de la Réunification.
Étourdis par cette vitalité ambiante, assoiffés par les 37° (on touche la chaleur comme on touche l’eau d’un bain), affamés par le décalage horaire (6 heures en novembre, 5 heures en avril, deux périodes intéressantes pour sillonner le Vietnam), nous cherchons de quoi nous restaurer. Dans ce paradis culinaire, le choix est difficile ! Un com pho binh dan— restaurant populaire de riz-soupe — nous accueille. En quelques minutes, à peine installés, la commande est prise, le riz sauté com chien déjà dans le bol, le hu tieu servi brûlant. Après avoir essuyé avec un sopa- lin local les baguettes de bambou à disposition de tous sur la table, nous préparons, initiés par notre guide, le mélange citron-poivre-sel- piments rouges indispensable ! Quel plaisir ! En guise de dessert, la nature compose ici des sorbets compliqués et savants. Chaque fruit des saveurs précieuses comme enfermées les unes dans les autres. La mangue, bien mûre, a un goût de gelée raffinée, abricot-pêche. L’ananas est découpé en spirales délicates.
Plus loin, le marchand de baguettes françaises s’est installé : le pain est nn aliment apprécié au Vietnam. Tout comme les infrastructures importantes (construction de ports, de ligne ferroviaire, équipements sanitaires, irrigation, travaux d’urbanisation) qui ont été développées pendant la période française de Cochinchine.

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